Équilibrer la structure d’un bilan n’a rien d’un exercice théorique. La gestion actif-passif, plus connue sous l’acronyme Asset Liability Management, encadre au quotidien l’exposition d’une banque ou d’un assureur aux mouvements de marché, aux besoins de financement et aux contraintes réglementaires. Ce texte propose un repère clair et opérationnel pour comprendre l’ALM, ses métriques, ses mécanismes et les profils qui la portent.

Qu’est-ce que l’Asset Liability Management ?

Définition et périmètre

L’ALM désigne l’articulation dynamique entre les emplois (actifs) et les ressources (passifs) afin d’aligner rendements, risques et horizons. Concrètement, la gestion du bilan se concentre sur la transformation des maturités, la sensibilité aux taux, la capacité de financement et la stabilité des marges. En français comme en anglais (asset and liability management), l’idée reste identique : piloter l’entreprise financière dans le temps long, au-delà de la seule performance trimestrielle. À ne pas confondre avec l’Application Lifecycle Management de l’IT (parfois appelé « HP Application Lifecycle »), qui relève d’un tout autre univers.

ALM bancaire et assurance : points communs et spécificités

Dans la banque, l’ALM bancaire traite le risque structurel de taux et la gestion de la liquidité (LCR, NSFR), calcule les sensibilités du revenu d’intérêt et l’impact sur la valeur économique du bilan. Côté ALM assurance, l’accent porte sur l’appariement actif-passif à très long terme, la couverture des engagements, la volatilité du capital et la tenue des exigences de solvabilité. Dans les deux cas, la logique est la même : maîtriser les risques financiers, au service d’un développement durable et régulé.

Enjeux majeurs pour la gestion du bilan

Risque de taux, liquidité et solvabilité

La remontée ou la baisse des taux transforme immédiatement le profil du bilan. Le risque de taux affecte la marge d’intérêt et la valeur économique ; la liquidité, elle, conditionne la capacité à honorer les sorties de cash en toute circonstance. Une gestion de la liquidité robuste s’appuie sur des buffers, des sources diversifiées de financement et des tests de résistance. Côté capital, l’ALM veille à ce que le bilan reste supportable sous différents chocs, en coordination avec les équipes de risk management.

Pilotage financier et création de valeur

Au-delà de la protection, l’ALM contribue au pilotage financier : choix de structure de financement, calibrage des couvertures, arbitrage entre taux fixe et variable, définition des prix de transfert interne (FTP). Bien menée, cette approche réduit la volatilité du résultat, améliore le coût du passif et sécurise la trajectoire stratégique. C’est une fonction charnière entre finance, marchés, commerciale et réglementaire.

Méthodes et indicateurs clés

Gap, duration et sensibilités

La mesure « gap » cartographie les décalages d’échéances entre actifs et passifs. La duration, au sens technique du terme (duration : définition simple, mesure de sensibilité du prix à une variation de taux), complète l’analyse en estimant la réponse du bilan à un choc. D’autres indicateurs suivent la variation de la valeur économique (ΔEVE) et de la marge nette d’intérêt (ΔNII). Les sensibilités, convexités et scénarios de pente ou de courbe aident à bâtir un diagnostic fin et actionnable.

Comités et gouvernance

Les décisions structurantes se prennent en asset-liability committee (ALCO) : paramétrage des appétits au risque, politiques de couverture, limites de liquidité, adhésion aux cadres prudentiels. La gouvernance associe Finance, Trésorerie, Marchés, Risques et Métiers, avec des rôles clairs entre la première ligne (exécution), la seconde (contrôle) et la direction générale. Cette architecture donne à l’ALM la légitimité nécessaire pour agir.

Mise en œuvre opérationnelle

Modèles, données et scénarios de stress

Un bon dispositif conjugue qualité de données, modèles robustes et reporting intelligible. Les équipes produisent des vues de bilan statiques et dynamiques, des simulations multi-scénarios, des stress tests de liquidité et de solvabilité, ainsi que des analyses de couverture. La cohérence entre hypothèses comportementales (prépayés, dépôts à vue) et contraintes réglementaires conditionne la fiabilité des décisions. L’« ALM définition » prend ici tout son relief : relier la théorie aux réalités opérationnelles.

Organisation : trésorerie groupe et cash management

Sur le terrain, la fonction coopère étroitement avec la trésorerie groupe et le cash management. Le premier gère le financement quotidien, le second optimise les flux et la centralisation ; l’ALM, lui, fixe le cadre, l’horizon et les limites. Cette articulation aligne court terme et temps long, évite les arbitrages contradictoires et sécurise l’exécution des décisions d’ALCO.

Recrutement et compétences en ALM

Profils, savoir-faire et posture

Les métiers de l’ALM exigent une base quantitative solide (statistiques, finance de marché, mathématiques financières), une culture de la réglementation et une aisance à traduire les chiffres en recommandations claires. La connaissance des produits de bilan, des couvertures, des transferts de fonds internes, ainsi que des systèmes de données est déterminante. Une bonne « gestion ALM » marie rigueur analytique et sens du dialogue avec les métiers et la direction générale.

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Aller plus loin

Qu’il s’agisse d’une banque universelle, d’un acteur de niche ou d’un assureur vie, l’ALM demeure un socle de stabilité et de performance. Clarifier les objectifs, fiabiliser les métriques, animer les comités et attirer les bonnes compétences : ces quatre leviers transforment la gestion actif-passif en avantage compétitif. Pour éclairer un enjeu précis, renforcer une équipe ou cartographier un marché, Vauban Executive Search se tient à votre écoute. Partagez vos attentes; nous reviendrons vers vous avec une approche pragmatique et adaptée à votre contexte.